Vœux pédagogiques pour l’année 2021 (partie I)

Lundi 4 janvier 2021

Eric Dionne

Il est de coutume d’échanger des vœux au début de chaque année. Je profite de l’occasion pour exprimer les miens à l’ensemble des acteurs du domaine de l’éducation et de la formation. J’insisterai sur deux vœux qui me tiennent particulièrement à cœur à savoir l’école en tant que bien commun et la formation initiale et continue des enseignants.

Depuis plusieurs décennies, un vent néolibéral souffle sur l’éducation publique laissant au passage une école ou des institutions d’enseignement de plus en plus à la merci des impératifs financiers. L’éducation est un bien commun et non un bien de consommation. Plus que jamais il faut le rappeler et résister aux individus qui voudraient nous prouver le contraire. On ne peut gérer une école ou une institution de la même manière que l’on gère une entreprise et à plus forte raison une multinationale. Faut-il rappeler que le but de l’école n’est pas d’être rentable? Une école n’est jamais rentable à court terme. Jamais. Les bénéfices, c’est à long terme que l’on peut les observer avec des médecins bien formés, des enseignants qualifiés, des bouchers compétents, des artistes talentueux, etc. qui font en sorte que la société soit fonctionnelle, pacifique et harmonieuse. Bien sûr, rien n’est parfait, mais nous vivons au Canada dans des sociétés civilisées où il fait généralement bon vivre. Le bonheur de vivre ici trouve en grande partie sa source dans ses systèmes éducatifs qui sont parmi les meilleurs au monde. Ces derniers se sont bâtis par des financements publics majeurs. Certes, les dépenses ont été et demeurent aujourd’hui encore importantes, mais c’est la seule façon de garantir une certaine objectivité dans la formation de masse.

Je nous souhaite une année 2021où les élèves et les étudiants ne seront pas des clients, les directions d’école ne seront pas que des gestionnaires, les universités ne seront pas des entreprises et surtout que l’éducation ne sera pas un bien de consommation.

L’enseignement fait probablement partie des professions les plus difficiles à exercer. Il faut agir dans l’urgence et décider dans l’incertitude pour reprendre le titre d’un ouvrage d’un sociologue bien connu en éducation (Perrenoud). La seule façon d’y arriver est de passer par l’éducation. L’arroseur arrosé quoi! Les exigences associées à l’exercice de la profession n’ont jamais été aussi variées et complexes surtout en cette période de pandémie. Les enseignants et les professeurs doivent être compétents dans leur discipline, en didactique, en pédagogie, en évaluation, en gestion de classe, en communication, en intégration des technologies, en psychologie, en interculturalité, etc. Il est clairement impossible de développer toutes les compétences nécessaires dans une formation initiale surtout quand elle est de courte durée comme en Ontario. La solution passe donc par la formation continue.

Je nous souhaite une année 2021 où les enseignants et les professeurs seront plus nombreux, mieux formés et que du temps supplémentaire leur soit accordé pour y arriver. Apprendre demande du temps et de l’attention. Il faut donc accorder les moyens aux enseignants et aux professeurs de leur permettre d’exercer avec encore plus de compétence leur travail si important.

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